Gaëlle, Stéphanie, Gilles et Françoise, infirmièr(es)s en 1999 dans le service de réanimation médicale de Bicêtre débutent un travail de réflexion sur le thème de la douleur au sein de leur service. Ils constatent de nombreuses carences. Il n’y a pas de critères communs d’évaluation, les modalités de surveillance ne sont pas standardisés et les interven-tions thérapeutiques
insuffisamment évaluées. Plus particulièrement s’intéressant au problème de l’évaluation chez le patient non communicant, Ils constatent le manque de moyens et d’outils spécifiques disponibles.
Après analyse de la littérature, notre équipe « référente douleur » composée de deux infirmières et d’un médecin décide de créer une échelle d’évaluation de la douleur chez la personne non communicante. Simplicité et rapidité d’utilisation seront les deux objectifs prioritaires afin de répondre aux attentes des soignants.
Son nom : VI/CO/MO/RE (VIsage/COrps/MObilisation/REspirateur)
Cette appellation résulte de l’association de chaque première syllabe des critères de surveillance qui la compose.
La douleur a longtemps été considérée comme secondaire en réanimation. L’équipe soignante pensait en effet qu’il lui fallait traiter l’urgence vitale avant tout, en recourant souvent à des soins et des gestes agressifs, dont les inconvénients devenaient le « mal nécessaire » à une guérison future... Quand on ne considérait pas que la douleur était une sorte de rançon nécessaire au rétablissement du malade, on l’ignorait tout simplement. Et même lorsqu’elle était prise en compte elle était rarement mesurée à sa juste valeur.
Fort heureusement, depuis quelques années, notre regard a évolué et changé... la douleur en réanimation n’est plus considérée comme une fatalité.
Le service de réanimation médicale de Bicêtre à pour mission de prendre en charge des patients souffrant de défaillances d’origine souvent multiples mettant en jeu leur pronostic vital. Ainsi notre spécificité est de côtoyer chaque jour des malades atteints par diver-ses pathologies qui, par leur gravité (intoxication médicamenteuse, coma....)
et les traitements qu’elles induisent (intubation, sédation, assistance ventilatoire...), peuvent à tout moment modifier leur statut. Ces malades peuvent ainsi passer d’un état de « patient communicant » c’est-à-dire capable de s’exprimer par la parole, des gestes, ou l’écriture, à celui de « patient non communicant ». Il devient alors un corps étendu sur un lit relié à des machines qui lui assurent « assistance et repos ».
L’ensemble des soignants du service s’accorde à penser que les choses ne sont pas aussi simples. Nous savons et nous n’oublions jamais que, quel que soit le degré de vigilance du patient, celui ci risque de ressentir gène et douleur. Il est de notre devoir en tant qu’acteurs de soins d’y remédier.
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