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Nos premières réflexions nous ont permis d’élaborer une échelle s’inspirant de l’échelle comportementale pour enfant EDIN. Après plusieurs mois nous avons constaté une utilisation irrégulière de cet outil par l’ensemble du personnel soignant. Principalement par manque de commodité.
D’une part, la feuille de recueil était mal accessible car placée dans le dossier de soin. D’autre part l’évaluation n’étant pas reportée sur la pancarte de surveillance journalière, l’analyse des motifs de survenue de la douleur (ponction lombaire, ponction veineuse, nursing....) était mal aisée.
Ainsi, il n’existait pas de réel suivi de la prise en charge de la douleur chez le patient non communicant.
Après de nouvelles « investigations » et en particulier suite à la lecture d’un article « La douleur en réanimation : Pourquoi l’évaluer, Comment l’évaluer ? » rédigé par JF PAYEN, l’échelle a été améliorée.
Nous appuyant sur les réflexions du docteur JF PAYEN au sujet de l’évaluation de la douleur pour le patient sédaté et ventilé, nous avons adapté notre échelle et ajouté un critère d’observation : l’Adaptation au respirateur. Important et aisément visible en réanimation car il exprime facilement un état algique.
Pour finir, nous avons inclus notre échelle VI/CO/MO/RE sur la feuille de surveillance journalière de chaque patient. Sur un même document le soignant aperçoit d’un seul coup d’œil si le malade est douloureux, lors de quelle situation, s’il a déjà un traitement, son score de sédation, ses constantes vitales... L’opinion de plusieurs infirmières du service comme Nadia, nous a conforté dans notre démarche : « VI/CO/MO/RE fait partie "à part entière" d’un ensemble de données qui traduisent l’état de souffrance du patient non communicant ».
L’échelle élaborée, nous devions trouver un moyen pour qu’elle soit consultée et appliquée aisément par tous.
Pour répondre à la demande de l’ensemble des infirmières et des aides soignants du service, y compris les personnels effectuant un bref passage dans notre unité (stagiaires, personnels de suppléance...) l’équipe « référente Douleur » a adopté une formule pratique pour le maniement de son échelle d’évaluation.
Une affichette intitulée « Observation de la douleur chez le patient non communicant : VI/CO/MO/RE » est placardée dans chaque chambre. Sur celle-ci figurent 4 items :
VIsage
COrps au repos
corps à la MObilisation
adaptation au REspirateur
Chacun de ceux ci sont fractionnés en trois adjectifs qualifiant une amplitude de la douleur :
détendu
crispé
grimaçant
Toute les quatre heures le personnel inscrit les chiffres correspondant à son appréciation sur la feuille de surveillance : ligne VI/CO/MO/RE
Exemple : Vi / Co / Mo / Re - 2 / 3 / 2 / 1 - 1 / 1 / 2 / 1
Ce choix de transcription nous permet de visualiser en un instant les items dénonçant la présence d’une douleur.
Corinne, infirmière travaille depuis 4 ans dans le service de réanimation médicale. Elle a connu le « sans » et le « avec » VI/CO/MO/RE ; sa non utilisation et sa mise en fonctionnement. Pour Corinne : « VI/CO/MO/RE est un plus dans la prise en charge de mes patients. Son utilisation est rapide et facile puisque dans toutes les chambres sa fiche explicative y est affichée »
Nadia : « VI/CO/MO/RE me permet d’avoir une meilleure vision de la douleur chez la personne non communicante. Elle m’oblige à plus de vigilance ».
Corinne : « VI/CO/MO/RE représente pour moi une échelle d’évaluation objective basée sur une l’observation d’items bien précis. Son utilisation est rapide mais pré-cise. Elle permet une prise en charge globale et un meilleur suivi du patient ».
Ces témoignages montrent que l’échelle comportementale VICOMORE a bien été perçue par l’ensemble des soignants du service. Pour obtenir sa reconnaissance par le CLUD de Bicêtre, dans un premier temps il fallait évaluer sa fiabilité par une étude comparative avec une échelle comportementale validée déjà publiée dans la littérature (Payen JF et al Crit. Care Med 2001)
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